ゲーム保存協会 Game Preservation Society

Un documentaire sur la Game Preservation Society diffusé sur NHK World

Depuis le printemps de l’année dernière, nous avons collaboré avec une équipe de la NHK World afin de produire un documentaire sur la Game Preservation Society et nos actions. Après de longs moments de tournage, le résultat final fut diffusé le 28 Novembre 2016.
 
Intitulé “Inside Lens: Game Preservation -The Quest-“, ce documentaire est désormais visible à l’adresse suivante : https://www.gamepres.org/fr/media/
 
Par bien des points, le Japon se doit d’être fier de ses jeux. De Space Invaders, qui est devenu un phénomène de société, à l’icône mondiale Super Mario Bros, les jeux ont longtemps pris une part majeure de la pop culture du pays. Ce documentaire explique en détails notre travail de préservation de l’âge d’or des jeux, ainsi que leur histoire, dans l’espoir de les rendre accessibles aux générations futures.
 
Peu de personnes le savent, mais les fondements de la culture des jeux vidéo telle que nous la connaissons aujourd’hui est en grand danger du fait de la détérioration des supports des années 70 et 80. De plus, les équipements nécessaires à leur création et développement tendent à disparaitre. Sans une intervention immédiate, dans quelques années, ces jeux, quelque soit la plateforme (arcade, PC, Console,…) vont se détériorer définitivement et il sera impossible de les faire refonctionner. C’est la principale raison pour laquelle la Game Preservation Society a été crée : pour agir et éviter le désastre.
 
Dans ce documentaire, vous verrez des membres de notre société qui utilisent volontairement leur temps libre pour notre cause et comment ils agissent pour préserver la culture des jeux vidéo, que ce soit en restaurant de vieux jeux, les archivant et autres. Mais, comme dit Kazumi Takai de Takai Shoukai, la préservation des jeux requiert de l’argent pour y arriver. L’idéal serait que ces vieux jeux ainsi que les équipements dédiés soient protégés par le gouvernement, par le biais de musées. Alors qu’actuellement cela est fait par de simples citoyens passionnés.
 
Si nous devions faillir à notre mission, tous ces jeux et équipements termineront comme l’art japonais du ukiyo-e et disparaitront à jamais du pays. Comme le dit Joseph Redon, le président de la Game Preservation Society, à la fin du documentaire, “les Japonais ont une sensibilité différente, et c’est tant mieux. Il y a des jeux que seuls les japonais peuvent faire. Et ça me parait important qu’ils continuent d’en faire et qu’ils puissent se ressourcer avec leur histoire. Donc oui, c’est un capital, et je considère que ce capital doit rester au Japon pour les Japonais. Et donc, par ricochet aussi pour nous, puisque s’ils produisent des choses magnifiques, on en profitera.”
 
Le travail de la Game Preservation Society ne fait que commencer. Jusqu’où pourrons nous aller dans la préservation est finement lié à ces sensibilités uniques et dépendra de la capacité de notre organisation à grandir et évoluer dans les mois et années à venir. Nous espérons que ce travail de passionnés que nous réalisons inspirera un mouvement culturel au Japon.
 
Certains lecteurs sont peut-être au courant de l’initiative  “Cool Japan” sponsorisée par le gouvernement japonais, un effort visant à promouvoir les différentes sous-cultures japonaises au reste du monde. Alors que les supports officiels envers le manga et l’animation sont forts, les jeux ne sont pas si chanceux. Le temps passe et les chances de conserver en un seul morceau les jeux et équipements se complexifie. Et il sera bientôt trop tard.
 
La Game Preservation Society est une organisation non gouvernementale gérée par des volontaires qui dédient leur temps et énergie à s’assurer que ces jeux ont un avenir. Nous continuerons à travailler à cette préservation et à trouver des moyens de trouver, sauvegarder, protéger, faire fonctionner ces jeux et équipements. Nous travaillons également à la sauvegarde des livres, magasines, vidéos… pour les mettre à disposition des joueurs, chercheurs, musées… Nous avons besoin de votre aide à tous, petite ou grande.
 
Pour cela, différentes manières de nous aider existent. Vous pouvez, par exemple, passer le mot autour de vous sur l’existence de la Game Preservation Society et ses activités auprès des personnes intéressées par l’histoire et la culture des jeux vidéos. Être visible est important pour une petite structure telle que la notre. Mais, pour être honnête, est tout aussi, si ce n’est plus, importantles financements nous permettant de continuer notre travail.
 
Comme vu dans le documentaire, les équipements dont nous nous portons acquéreurs sont tous préservés et rangés dans boites adaptées permettant de lutter contre leur détérioration. Plus précisément, ils sont organisés par type de support (ex : papier, magnétique…) et les boites sont faites spécialement pour contrer les éléments environnementaux risquant d’accélérer cette détérioration. Le point noir de ces boites est qu’elles ont un coût élevé. Et ce ne sont pas que ces dernières qui coutent cher ! Par exemple, chaque pièce archivée est référencée avec un  QR code et le cout des équipements nécessaires s’ajoute aux différents processus quand on travaille sur des quantités telles que les nôtres.
 
Certains jeux, comme ceux fonctionnant sur le système DECO Casette System, sont également difficiles à réparer et peuvent nécessiter des outils spéciaux pour y arriver. Cela engendre un coût supplémentaire. Surtout quand les outils nécessaires n’existent plus et que nous devons les recréer. Si nous sommes chanceux d’avoir une équipe motivée de volontaires passionnés, sans un apport d’argent régulier pour nous soutenir, nous ne pourrons y arriver.
 
Ainsi, nous demandons à ceux qui comprennent notre mission et désirent nous soutenir de nous rejoindre. L’adhésion est valable un an contre une donation d’un minimum de 3000 yen. Cela nous aidera à faire vivre l’association sur le long terme. En échange, vous recevrez une newsletter sur nos actions en cours, ainsi que sur la manière dont nous utilisons votre argent.
 
Nous, joueurs, fans et historiens ne pouvons nous reposer sur nos lauriers et nous dire que de toute façon, ce travail sera fait un jour d’une manière ou d’une autre. L’histoire des jeux vidéo japonais a besoin de personnes prêtes à se battre pour la protéger et la transmettre eux générations futures. Grace à vos dons, vous gravez dans la pierre votre désir de voir la Game Preservation Society continuer son travail et jouer un rôle crucial dans leur préservation.
 
Merci pour votre soutien.
 
* Si vous désirez nous soutenir, merci de cliquer ici *
 
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Le graal d’Humming Bird Soft préservé !

Possédant moins de cinquante jeux PC et sachant à peine modifier une machine ou même coder en BASIC, je dois à notre président Joseph l’opportunité d’écrire cet article. Nos chemins se sont croisés grâce aux jeux d’aventure d’Humming Bird Soft.
 
J’adore les jeux et désire être certain qu’ils seront parfaitement préservés pour la postérité. Sur ce, je vous présente cet article en commémoration de la réussite de la préservation de Recapture par la Game Preservation Society, un jeu créé par Humming Bird Soft pour les ordinateurs FM-7 de Fujitsu.

■ A propos d’Humming Bird Soft

Au nom d’Humming Bird Soft, certains lecteurs se souviendront peut-être de jeux  tels que Record of Lodoss War (Lodoss Senki) ou plus encore Laplace’s Demon (le Diable de Laplace). Ils auront bien raison, mais en plus, Humming Bird Soft fut une des premières compagnies japonaise à produire des jeux d’aventure d’un haut niveau de qualité. Le premier d’entre eux fut un disquette 5″ pour FM-8, appelé The Palms vendu 11,000 yens à l’époque.
 
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Avant The Palms, les jeux d’aventure avaient principalement un scénario de pièce fermée, comme dans Mystery House de Microcabin (un clone japonais du célèbre Mystery House de Sierra Online). The Palms a donné au genre une nouvelle dimension en nous présentant un monde ouvert vers l’extérieur, du voisinage des plages de Shonan à l’océan jusqu’à Smoopa, la citée sous marine. De plus il était en couleur, ce qui était révolutionnaire à l”époque. Les ventes débutèrent en janvier 1983, quand le marché des jeux PC était encore balbutiant, et The Palms plaçait haute la barre pour un jeu produit localement.

■ Recapture

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Recapture est sorti en 1984 comme le premier titre de la série Humming Bird – Another Venture #1 (9.800 yens, descendu à 5.800 yens en 1985). Fidèle à l’esprit d’être “une autre aventure”, il est allé dans une direction différente des précédents jeux d’Humming Bird Soft et de leur dimension fantastique.
 
Le héros, un chercheur de la Fly Pharmaceuticals, est un jeune homme mettant toutes ses forces dans la création de la “parfaite contraception masculine fonctionnant à 100%” (d’après le manuel). Il y arrive et crée le “Kondoh-Muyo” (littéralement “sans préservatif”). Cependant, les rivaux de la Mosquito Pharmaceuticals ne peuvent pas laisser passer cela et volent les fichiers de recherches de notre héros alors qu’il s’enivre en fêtant sa trouvaille. Que va faire notre héros ? La conférence de presse est aujourd’hui à 16h30 et s’il n’y est pas en temps et en heure, cela signifiera la mort de la Fly Pharmaceuticals. Ainsi commence l’histoire, et le héros doit “recapturer” (RECAPTURE) les fichiers volés. Ce prologue se trouve dans le manuel au style BD ; lisez le si vous en avez l’occasion !

■ Un vrai trésor : les accessoires

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Pour un jeu PC en 1984, il était d’usage d’avoir une boite assez bien conçue et un simple manuel, mais pour Recapture, l’ensemble était très Dali-esque, avec un manuel style BD/comics, une boite ressemblant à une boite de médicaments et une carte en papier carton avec écrit  “c’est du papier carton” dessus. Peut-être se sont-ils inspirés d’Infocom, qui ajoutait de nombreux accessoires à ses jeux d’aventures sortis sur Apple et autres. Hudson Soft avait même mis de la terre dans la boite de Dark Focus: The Case of the Bunnygirl Murder (1986).
 

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Les accessoires de Recapture

■ L’histoire

Pour éviter de tout révéler sur le jeu en montrant trop de détails, je vais juste vous présenter chaque zone avec quelques captures d’écran.
 
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Voici la Fly Pharmaceuticals, où le joueur travaille. Le jeu est amusant ca non surchargé de trop de texte. Vos premières destinations sont le département comptable et le laboratoire. Des commandes comme F***, BAKA (idiot) et AHO (stupide) qui ne fonctionnent normalement pas dans ce genre de jeu vous feront apparaitre un Game Over avec une scène spéciale. Cela vaut le coup d’essayer !
 
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Si vous prenez le bus des employés, vous arriverez à la station Ohatsu. Une fois descendu vous croiserez un rabatteur essayant de vous faire visiter le “pink salon” (maison close). Alors qu’Humming Bird Soft avait produit des jeux raffinés jusqu’à ce moment, un des points distinctifs de Recapture est qu’il n’est pas avare en obscénités. Cette rue dispose également d’une pharmacie et d’un centre commercial. Si vous ne maitrisez pas l’art de trouver les bonnes affaires, votre avenir sera difficile.
 
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Prendre le train à la station Ohatsu vous fera arriver à la station Tokube. Et vous savez quoi ? Il y a une boutique Humming Bird avec un employé. Ce jeu a une grande quantité de commandes fonctionnelles. Par exemple, si vous tapez  “LOOK HUMMINGBIRD” en face de la boutique, vous aurez des informations sur le second jeu de la série Another Venture. Il y a un emplacement à vendre dans cette rue et vous pourrez obtenir des choses en discutant avec les différents personnages. Cela ressemble de plus en plus à un jeu d’aventure !
 
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Ensuite vient la station Chikamatsu, l’arrêt le plus proche de la Mosquito Pharmaceuticals. Il y a 2 moyens d’y entrer. Si vous avez terminé le jeu une première fois, recommencez avec l’autre méthode ! (Une méthode est dans le livre d’astuce, mais est assez difficile à déchiffrer.)
 
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Voici le deuxième étage de la Mosquito Pharmaceuticals. Les deux principaux objectifs de cette zone sont d’obtenir une carte d’employé et de recapturer (RECAPTURE) les fichiers que vous avez perdu. Le premier objectif nécessitant de résoudre certains puzzles. Vos actions quant à  quelque-chose se passant dans la salle de réunion sont la clé.
 
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Le troisième étage et la cage d’escalier composent la deuxième moitié du Mosquito Pharmaceuticals. C’est le moment d’utiliser les objets achetés à la station Tokube ! Attention, le fichier du laboratoire est un faux, mais sans ce dernier vous ne pourrez obtenir le vrai (qui s’appelle HONTO-FILE, ou “vrai fichier”).
 
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Après avoir recapturé votre fichier, ce n’est toujours pas la fin. Vous devez toujours le rapporter à votre manager de la Fly Pharmaceuticals. Cependant, Les jeux Humming Bird ne sont pas si simples ! Si vous prenez le mauvais moyen de transport, c’est Game Over. Le rabatteur vu précédemment (vous vous souvenez de lui ?) est également présent pour vous bloquer le passage. C’est votre dernier test d’intelligence ; regardez les objets en votre possession et résolvez le puzzle!

■ Hint Book

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Le Recapture Hint Book, qui apparait quand vous tapez “HINT” durant le jeu (18 pages, 1.000 yens, vendu séparément), a été obtenu par la Game Preservation Society. Il présente l’histoire du début à la fin dans le même style que le manuel et vous aidera à terminer le jeu sans problème.
 
Recapture est un jeu d’aventure en ligne de commande, un genre brièvement populaire dans les années 1983-1984. Les jeux en ligne de commande signifiaient que les joueurs devaient taper quoi faire et comment faire, en katakanas ou en anglais. De plus, les mots utilisables étaient limités. La plupart des joueurs ont donc eu droit à des réponses sèches : “Vous ne pouvez pas faire cela – You can’t do this.”
 
D’un autre côté, après avoir été bloqué des plombes sur un passage en particulier, trouver le bon mot, débloquer le jeu et regarder la scène qui en découle est comme une drogue. Vous ne pouvez avoir ça d’un jeu d’aventure à choix multiples. C’est un genre perdu.
 
En plus de Recapture, notre société a pour objectif de préserver tous les jeux, y compris ceux qui ont été oubliés par l’histoire. J’espère que tous ceux qui le pourront nous donneront un coup de main.
 
Game Preservation Society, Takayuki KOMABAYASHI
Adaptation en Français : Benoit MORAUX
 
*Boite, accessoires et images appartiennent au possesseur original du copyright.
 
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